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C’est fantastique! Une école de vie, outre une hygiène du corps et de l’esprit.

En tout cas, quand tout va bien. Mais lorsque les ennuis s’accumulent, on galère. Puis on en rit et on en fait des bons souvenirs.

La marche, c’est passionnant. Un moment unique de rencontre avec les paysages, avec les gens et avec soi-même. Le regard des autochtones sur les marcheurs est d’emblée sympathique.

Ils apprécient ceux qui prennent le temps.
Le regard du marcheur, lui, va sans cesse de la nature à lui-même et de lui-même au monde.

Mais, en plus des bons côtés mille fois décrits, il en est d’autres qui, comme par hasard, n’hésitent pas à se manifester souvent tous en même temps.
La pluie, le vent, la boue où les chaussures prennent plaisir à s’enfoncer, les kilos du sac à dos aidant.

Notez que le temps sec n’est pas sans inconvénients non plus: soleil, chaleur et manque d’eau pour se réhydrater; on râle mais on avance. Quelques jours plus tard, tout ça n’est plus qu’anecdote que l’on raconte avec fierté.

Mais le plus dur n’est pas là. Que l’on marche à deux ou en groupe, ce sont les pépins physiques qui vous perturbent et, plus encore, leur effet sur la relation avec les autres: ampoule, muscles blessés, articulations douloureuses ne survien-nent jamais chez tous en même temps. Lorsqu’il se produisent, surgit la terrible déception de ne plus pouvoir suivre, de freiner le groupe voire de risquer de devoir abandonner; être responsable seul de l’échec commun.

Pour les autres, ce n’est pas plus facile. Que faire? Encourager le blessé, être optimiste ou risquer de le voir forcer et aggraver le mal?

Répéter «qu’il va y arriver» à quelqu’un qui n’en a plus les moyens, c’est le décourager plus encore alors qu’il est déjà suffisamment déçu de décevoir les autres.

Et pourtant! Ces kilomètres, ces heures passées ensemble sont aussi une occasion unique de dialoguer, de se retrouver face à soi-même, de renforcer des relations: la marche est une école de vie.

C’est au fond de vous-même que vous allez chercher la force de mettre un pied devant l’autre, de vous fixer un but et de souffrir pour l’atteindre. Vraiment, il faut être fou!


Par Pierre Gauthier

La marche.