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araignées. L'orage part, mais l'averse reste, bloquée par la montagne. Je mange à Bonnieux, passe presque tout l'après-midi au sec dans l'église (où je reçois un long adieu télépathique de mon vieux chat qui agonise à Bruxelles - mais je m'écarte du sujet), et prend le bus qui m'amène à Pertuis 28 km plus loin. Dès que je passe de l'autre côté du Luberon, ciel bleu et soleil éclatant…

En mai 2007, j'emmène Pascale en Aubrac. Après un agréable pique-nique, on se remet en route pour atteindre je ne sais plus quel lieu-dit. En quelques minutes, le plus épouvantable orage se déclare et déverse des trombes d'eau sur nous. Comme il n'y a pas d'abri aux environs, je m'assieds sur le chemin et attends patiemment que la tempête s'en aille. Pascale est bien forcée de m'imiter. Son sixième sens a deviné qu'il y avait une chambre d'hôtes à quelques minutes de là, et où l'on aurait été moins mouillé. Mais bon… Cela nous a permis de regarder l'orage arroser ce magnifique plateau quand il ne pleuvait plus sur nous.

Dernière confrontation, à la frontière galloise, l'an passé. Alors que je gravissais une jolie colline qui servait de pâturage aux vaches et qui surplombait un paysage vallonné encore plus joli, un orage se déclare derrière et à côté de moi. Puis il me rattrape, bien sûr, peu avant le sommet. Assis sur le chemin en balcon, je suis aux anges alors que les éléments se déchaînent. Mais, après vingt minutes de ce régime, je trouve le temps long. Cent mètres plus loin, je me réfugie sous une plantation de pins. Ce n'est pas très prudent, mais au moins elle me protège quelque peu de la drache. Quarante minutes plus tard, l'orage semble terminé. Je prends une route sous la pluie pour arriver plus vite, après une heure, à l'hôtel de Kington. La jeune réceptionniste n'est pas furieuse que j'inonde le hall à cause de mes vêtements dégoulinants; elle doit avoir l'habitude…

En gros, il  n'y a pas grand-chose à faire si vous êtes dans l'impossibilité d'éviter un orage. Il vaut mieux se mettre à l'abri si c'est possible. Sinon, se faire le plus petit possible, et mettre le ou les bâtons au sol. Et attendre que l'orage passe. L'électricité dégagée par les nuages bas vous donne de l'adrénaline et peut-être une petite angoisse. Avec un peu de chance, vous pouvez le voir se déplacer et noyer les environs. Comme on dit en Angleterre,

Enjoy !

François

Souvenirs orageux

Vous est-il déjà arrivé de marcher pendant un orage ?
Dans l'affirmative, je suis sûr que cela vous a laissé quelque souvenir.
Voire de la nostalgie ?

Période insouciante

Quand j'étais adepte de la marche rapide et joggeur, entre 1980 et 1994, j'ai eu la chance de participer à ces épreuves quasi hebdomadaires par tous les temps, sauf celui qui est le sujet de ce petit texte.

Mon premier contact avec l'orage remonte à l'année 1997. Je randonnais dans la vallée du Rhône. Peu avant d'arriver à Aramon, localité située sur le fleuve entre Avignon et Tarascon, le ciel était étonamment noir pour cette fin de matinée aoûtienne. Je reçois une étincelle électri­que sur le pouce qui maintient le parapluie qui ne protégeait que ma tête. Je passe outre et ne fait pas plus attention que cela à cet avertissement.

Deux ans plus tard, je remonte la petite route qui m'amène à la corniche des gorges du Verdon. A l'un des virages, je remarque une plaque érigée à la mémoire d'un couple de randonneurs qui s'est fait foudroyer à cet endroit. Cela me fait un peu réfléchir sur le danger qu'on risque de courir, si l'on peut dire, en marchant.










Pourtant, en août 2001, je vais vivre l'Expérience dans une gorge bien encaissée du Mercantour, à 5 km de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Ce matin-là, les éclairs zébraient fréquemment le ciel. Je m'en méfiais, mais comme ils restaient dans leur domaine céleste, je continuais mon chemin d'un bon rythme ; je ne me souviens plus trop s'il pleuvait beaucoup. C'était le temps héroïque des appareils photo argentiques. Je profite d'un large virage pour insérer une nouvelle pellicule dans l'appareil. Quelques secondes plus tard, tout mon champ de vision, y compris celui "de mon dos" (merveille de la per­ception humaine…), est devenu jaune doré. L'éclair ou la foudre est tombé à proximité de moi sans faire un seul bruit. J'avoue avoir eu les chocottes ! Cent mètres plus loin, je fais du stop à l'entrée d'un tunnel. Cinq minutes plus tard, j'arrive à l'hôtel de Saint-Sauveur. Onze jours plus tard, ma collègue Françoise m'amène au Mille-Pattes. Deux mois plus tard, je rencontre Pascale, et vous connaissez la suite.

Si je n'avais pas changé de pellicule photo à ce moment-là dans la gorge, liriez-vous mes souvenirs ?

Période prudente

En mai 2002, une drache terrible me rattrape juste avant d'atteindre Bonnieux, grosse bourgade sise au pied de la chaîne du Luberon. Cette fois, je n'ai plus envie de rencontrer un éclair et me réfugie, par chance, dans une cabane abandonnée en retrait de la route. Pendant une heure, je converse avec les